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« Il est temps pour moi de chevaucher le long des routes rouge sang,
de laisser le pâle cheval suivre son chemin à travers le ciel.
Je dois franchir le pont des voûtes du vent à l’Ouest,
avant que Salgofnir ne réveille le peuple victorieux. »
Ces paroles énigmatiques proviennent d’un poème vieux-norrois appelé Helgakviða Hundingsbana II (« Le second poème de Helgi, le tueur de Hunding »), consigné sur parchemin en Islande il y a environ 800 ans.
Il fait partie du célèbre cycle des Völsungar, qui reflète l’interprétation nordique des grandes migrations ayant bouleversé l’Europe au Ve siècle — des événements immortalisés plus tard dans le Ring de Richard Wagner.
Ce court passage décrit la mort du héros Helgi et son ascension vers le royaume des dieux, Walhalla, en empruntant le chemin du Nordlicht.
Dans ce poème, Helgi raconte comment, au moment de mourir, il doit chevaucher les « routes rouge sang » à travers le ciel, avant que le « peuple victorieux » ne s’éveille.
Les « routes rouge sang » dans le ciel renvoient clairement à Bivrost, le pont reliant le monde des hommes à celui des dieux.
Dans l’Edda de Snorri Sturluson, il est dit que les dieux eux-mêmes empruntent chaque jour Bivrost : « chaque jour, les Ases chevauchent ce chemin ».
Il paraît donc évident qu’un guerrier valeureux tombé au combat suivrait le même chemin.
La dernière partie du vers, mentionnant l’éveil du « peuple victorieux », fait très probablement référence à Ragnarök, la bataille finale où l’armée d’Odin, composée des guerriers morts au combat, affronte les géants venus des profondeurs.
Fait intéressant : la couleur rouge, aujourd’hui rare dans les aurores boréales, était autrefois beaucoup plus fréquente.
Divers textes grecs et romains de l’Antiquité en témoignent.
Ces écrits, tout comme la Helgakviða Hundingsbana II, associent souvent l’aurore rouge à des images de guerriers et de combats.
Ainsi, au IIIᵉ siècle, l’auteur romain Julius Obsequens écrivait :
« Un gémissement céleste fut entendu, et des lances semblèrent tomber du ciel.
Une lance de feu traversa le ciel d’ouest en est.
Des armées célestes, venues de l’est et de l’ouest, furent vues combattant en même temps, et celles de l’ouest furent vaincues. »
On voit donc que les peuples nordiques n’étaient pas les seuls à interpréter l’aurore comme une manifestation de leurs ancêtres guerriers rejoignant le superbe royaume d’Odin.
De nombreuses cultures semblent avoir développé des croyances similaires.
La majesté des lumières boréales a inspiré les humains, partout dans le monde et à travers les siècles, de manière étonnamment semblable.